Marie-Claude Bugeaud

Peintures

Biographie et parcours

Il y a cette tentation de la beauté, et la nécessité de la détruire. Il y a ce risque de céder à l'habileté, et puis le travail comme une manière de la renverser. Cela commence par un monochrome, certes pas totalement uni, plus badigeonné que « bien » peint, mais suffisamment là, suffisamment présent pour que cette présence même, si forte par son évidente simplicité, s'impose. Contre le peintre, malgré elle. Ainsi commence le travail de Marie-Claude Bugeaud : par cette tentation d'en rester là.


Ainsi se construit sa pratique : par sa capacité à briser, par d'autres signes, le charme du monochrome.


Son art est celui du dessinateur : art du trait qui incise et sépare, qui délimite et fend, art dont la justesse ne se mesure qu'à l'aune de ce que chacun de ses traits détruit, qu'à l'aune de cette blessure que chaque trace inflige au monochrome premier.


Marie Claude Bugeaud coupe dans la couleur, instaure l'espace par un simple trait qui fait d'un blanc, ou d'un bleu, ou de quelque autre couleur non plus un aplat mais un espace soudain poreux. Son art est celui du peintre qui s'empare de tous ce que le tableau lui offre. Pour elle peindre est un combat, mais un combat d'autant plus fort qu'il se doit d'être discret.


Est juste le tableau qui semble être né sans effort. Est exact le trait que l'on dirait tracé d'un seul geste, comme s'il était la trace d'une impulsion première, sans repentir. Ici, sans doute, se situe la frontière entre ce que l'on pourrait appeler le trait vivant et ce qu'il faut donc, par opposition, appeler le trait mort. Est vivant ce trait qui, tel un vaisseau sanguin, irrigue la toile jusqu'à animer la moindre de ses parties. 


Pierre Wat


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